TRIGNAC

Quelle est donc l’étrange fascination qui s’opère en nous quand nous regardons une estampe de Gérard Trignac ? Ce sentiment très largement partagé – on aura pu le constater depuis presque vingt ans qu’il expose ses gravures dans le monde entier – est du sans doute a de multiples facteurs. Certes, les centaines d’heures que l’artiste emploie pour compléter une planche n’est pas étranger au phénomène d’admiration. Mais c’est sans doute la noirceur de cette architecture post industrielle laissée à l’abandon, des friches de glorieuses cités vouées à l’anéantissement, cette fierté humaine mise à bas font de chaque estampe de Trignac une vanité contemporaine.

Son trait n’est pas sans rappeler celui très largement diffusé de la bande dessinée. Dans ses planches, nulle présence humaine ; et si parfois de microscopiques personnages s’y sont égarés, ils passent inaperçus, faisant partie intégrante de l’environnement architectural. Cette notion d’environnement est primordiale. Gérard Trignac ajuste les éléments les uns aux autres en accordant a chacun une importance égale. Ses architectures, empreintes d’un humanisme profond, conjuguent équilibre et harmonie. Ainsi, à Paris, a-t-il redécouvert la Tour Eiffel en accédant à son sommet par son étroit escalier, et le Centre Georges Pompidou en l’apercevant

depuis la rue Simon Le Franc. Ses lieux de prédilection sont les usines désaffectées, cités désolées, mémoire vivante de l’activité humaine. De Venise, qu’il a visitée étant enfant, il garde un souvenir profond. Presque toutes ses architectures se reflètent dans une eau calme, paisible, mais aussi mystérieuse, cachant ce qu’elle recouvre, laissant ainsi libre cours à l’imagination: n’en doutons pas, Trignac restera un des très grands graveurs de notre époque.

Né en 1955 à Bordeaux, Gérard Trignac prépare, avant de partir pour la Casa Velasquez à Madrid, l’École d’architecture de Bordeaux. Il en garde cette passion pour l’architecture visionnaire qui lui fait créer des villes fantômes à l’atmosphère irréelle, les ruines d’une Atlantide figée dans l’attente. Ses œuvres, respectueuses du détail jusqu’à la minutie, rendent ainsi l’atmosphère irréelle des anciennes légendes : un monde imaginaire, aux lignes fuyantes, aux perspectives parfaites, aux lumières étranges où constructions et volumes s’équilibrent dans une immobilité insolite. Bâtisseur de murailles escarpées, de couloirs ténébreux, de cités prométhéennes, Trignac pousse jusqu’au vertigineux la perfection de ses travaux.

En l’an 2000 sont organisées deux expositions personnelles, l’une à la galerie Condillac, Bordeaux, l’autre à la Galerie Michèle Broutta, Paris. Enfin en 2004 se tient la première rétrospective de son oeuvre gravé à la Bibliothèque municipale de Bordeaux avec l’édition de Les Portes du Silence, catalogue raisonné (William Blake & Co). Il commence sa collaboration avec le monde de la publicité et des jeux vidéo.

Il a obtenu le premier prix du Salon de la Gravure Originale de Bayeux, le premier prix du Salon des Méridionaux de Toulouse, le Prix Charles Oulmont, Fondation de France, le Prix Kiyoshi Hasegawa, le Prix de gravure Michel Ciry.

Depuis trente ans, il participé à de très nombreux

rendez-vous professionnels autour de la gravure (IFPDA Print Fair, New York; Art On Paper Fair, Londres, Imprimatur, Milan, Works On Paper, New York, Art On Paper Fair, Bruxelles, Estampa, Madrid, Salon de l’Estampe, Paris, avec ses différentes galeries).

 

 

Pierre Higonnet

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Retrouvez l’œuvre de Cédric Georges Legrand au 76 boulevard Saint Michel à Paris! #peinture #techniquemixte #art #Paris
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